Découvrez Journal d’un fou d’après Gogol à Trédrez-Locquémeau — 19/04/2026 à 16:00 → 19/04/2026 à 23:59.
À propos
À Saint-Pétersbourg, un petit fonctionnaire vit au rythme des dossiers, des tampons et des humiliations ordinaires. Il taille des plumes pour son Excellence, surveille les regards, et se tient à sa place, toujours trop petite pour lui. Au bureau, on le moque, on l’ignore, et chaque journée laisse une trace de plus sur sa fierté. Il s’accroche pourtant à une idée fixe : la fille de son directeur, lointaine, brillante, inaccessible. Un détail, un sourire, une démarche dans un couloir suffisent à nourrir son obsession et à déformer le réel. Un jour, il croit surprendre un secret : des lettres, des messages, une rumeur venue de nulle part. Il ouvre un journal, puis il commence à écrire le sien, comme pour remettre de l’ordre dans ce qui lui échappe. Mais la logique administrative se dérègle ; les dates glissent, les mots s’emmêlent, les signes se mettent à parler. Le monde du bureau devient un théâtre de complots et d’indices, et la moindre formalité prend des airs de destin. Ce qui était ridicule devient menaçant, ce qui faisait rire devient un vertige. La pensée se fissure, et dans la brèche s’installe une certitude grandissante : il n’est pas un employé quelconque. Au bout de la chute, il se proclame autre, plus grand, plus haut, jusqu’à se convaincre qu’il est le roi d’Espagne. Et cette couronne imaginaire, au lieu de le sauver, l’expose à la violence du réel et à la solitude de la folie. Note d’intention Interprétation : Jean-Pierre Denis Adaptation et Mise en scène : Patrick Salou Durée : environ 1h15 Seul en scène, l’acteur avance au plus près du public, comme si tout se jouait ici et maintenant, sans distance. La langue de Gogol est mise en avant : précise, drôle, coupante, et capable en une phrase de basculer. Le spectacle travaille le va-et-vient entre le comique et le tragique, sans souligner, sans expliquer. On suit la folie à la surface des mots, sans psychologisme, par le rythme, les ruptures, les obsessions. Comme une lecture à voix haute d’un journal intime, la parole se fissure progressivement, et l’on entend l’écroulement. Le rire ouvre la porte, puis quelque chose se referme, et l’on se retrouve pris dans une logique qui n’appartient qu’à lui.
Source : DATAtourisme - Office de tourisme Bretagne Côte de Granit Rose
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